Adieu à Vézelay (9)

Publié le par William Kisasondi

Épisode neuvième

Aux environs de 1800, Vézelay comptait un peu moins de 1400 habitants. Sa population a diminué régulièrement jusque dans les années 60 pour compter légèrement plus de 500 âmes. À présent, on dénombre à peine plus de 400 habitants. 

Si on compte aujourd’hui un petit nombre de commerces aptes à faire vivre les « locaux », on compte par contre plusieurs restaurants ainsi que diverses boutiques à destination des touristes. Certes, la colline accueille son million de visiteurs annuels, mais ne songe guère à s'étendre pour attirer de nouveaux résidents. Le coût conséquent de l'immobilier intra-muros n'y est sans doute pas étranger. 

Quoiqu'il en soit, il y a environ soixante ans, la bourgade comptait un grand nombre de commerces, pour une population à peine plus importante. Il y avait deux boulangers, deux bouchers, un coiffeur, une quincaillerie, un réparateur de télé, un notaire, un percepteur, un garagiste et j'en oublie sûrement. À quoi est dû un telle disparité ? On parle de désertification des campagnes et c'est sans doute le cas un peu partout. Je m'interroge néanmoins : s'agit-il du résultat inéluctable d'une politique gouvernementale ou bien d'une mauvaise gestion locale ? Les villages voisins ne s'en sortent guère mieux, pas plus que le sud de l'Yonne, même Avallon voit sa population diminuer depuis quelques années. 

Manque d'établissements de soins, de maternité, d'urgences, de médecins en nombre suffisants, d'infrastructures logistiques, voies ferrées notamment qui diminuent comme peau de chagrin, manque d'emplois, etc.

Peut-être manque-t-il également d'une politique de développement globale, d'un projet d'ensemble qui ne laisse aucun acteur de côté, aucune commune, aucun habitant ? Les structures existantes ayant tendance, comme toutes les structures imposées « d'en haut », à ne pas tenir compte des besoins et des avis des utilisateurs qui en seront les premiers utilisateurs. Encore faut-il pour cela que ceux qui en sont chargés oublient leurs intérêts propres et travaillent réellement au bénéfice de chaque personne vivant sur un territoire donné… Et, honnêtement, on n'y est pas ! 

Pour autant, des territoires comme les nôtres ne trouveront leur salut que par leur propre moyen (c'est le prix de la liberté), sans compter sur un État Providence qui ne sait que régenter et subventionner les projets qu'il juge bons, même si c'est au détriment de la population locale... 

Actuellement, le développement de la bourgade est laissée aux seules personnes disposant d'assez d'argent pour investir, la commune de son côté mise tout (ou presque) sur le tourisme en comptant sur le rayonnement éventuel de Vézelay pour y attirer le plus de personnes possibles. On pourrait s'attendre à ce que cet afflux soit une manne pour la ville : est-ce le cas? La question, selon moi, mérite d'être posée...

En attendant, voici l'état de la rue Saint-Pierre, un samedi après-midi d'hiver...

Adieu à Vézelay (9)Adieu à Vézelay (9)

Et voici les rues plus vivantes d'autrefois...

Adieu à Vézelay (9)
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Publié dans Vézelay

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