Adieu à Vézelay (5)

Publié le par William Kisasondi

Épisode cinq
Conjonction Saturne/Jupiter

Malgré les divers confinements et couvre-feu, la vie conservait ses droits. J'eus néanmoins besoin d'une attestation spéciale pour me rendre à la bibliothèque de Vézelay. Le couvre-feu tardif fin décembre m'a tout de même permis d'observer la conjonction Jupiter/Saturne, événement astronomique qu'il ne fallait pas manquer à l'époque. Quant à mon second livre, j'eus plusieurs  retours élogieux, ce qui est tout de même bien agréable. 

D'ailleurs, petite parenthèse, j'en ai toujours, avis aux amateurs !

Certes, on n'écrit pas pour être lu… heu, si un peu quand même, enfin non, on écrit parce qu'on a des choses à dire et l'envie de les coucher sur le papier. Une fois cette étape franchie, la publication sous forme papier est la suite logique. Rien de tout ça n'est simple ni rapide… mais c'est particulièrement gratifiant de feuilleter un ouvrage que l'on a soi-même écrit. 

Je voyais également de façon régulière mon médecin pour suivre mon état de santé qui ne s'améliorait guère. Je ne pouvais plus marcher sans avoir mal et même la station debout m'était pénible. A l'occasion de l'une de mes visites à son cabinet, alors que j'étais dans la salle d'attente, sans masque, je me suis fait réprimander (engueuler, plutôt) par une infirmière que j'avais rencontrée plusieurs fois, lors d'entretiens d'accompagnement. Elle avait alors été très sympathique, mais là je ne la reconnaissais pas, on eut dit une étrangère...

À la télévision, des publicités (il n'y a pas d'autres mots) avaient le culot de faire culpabiliser les récalcitrants et disaient, en substance : « pour protéger vos ainés, vaccinez-vous ! Si vous ne le faites pas, vous serez responsables de leur décès. » Et tout était à l'avenant, les pancartes « masque obligatoire », « gardez vos distances », les deux mètres obligatoires, avec des plexiglas pour séparer les caissières des méchants clients qui ne cessaient de leur tousser dessus, les clients des restaurants qui étaient encore autorisés à l'époque, après une fermeture de plusieurs mois, manque à gagner compensé par l'État sans souci de déficit public (bonne façon de creuser un peu plus la dette). 

D'ailleurs, à ce propos, à qui donc les états doivent-ils de l'argent ?

Au début, c'étaient surtout les vieux (les ainés) qui étaient visés, pour les protéger, disaient-ils. Il est vrai qu'il y avait eu tellement de décès dans les maisons de retraites auxquelles même les proches n'avaient plus accès. Les enterrements n'échappaient pas aux restrictions qui empêchaient les familles trop nombreuses d'honorer leurs proches. 

Nul ne semblait s'étonner de tout cela ou tout du moins s'y opposer. Du haut en bas de l'échelle hiérarchique chacun faisait appliquer avec rigueur les consignes imposées d'en haut, la maréchaussée étant chargée de faire rentrer dans le rang les contrevenants à coup d'amendes dissuasives. 

Quand reviendra le temps où je visitais les musées parisiens, sans masque, sans contrainte et en toute liberté ?

Adieu à Vézelay (5)
Adieu à Vézelay (5)Adieu à Vézelay (5)
Adieu à Vézelay (5)Adieu à Vézelay (5)

Publié dans Vézelay, musée

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article