Les cloches de la Madeleine

Publié le par dromeur

La cloche dédiée à Marie Noël

En ce moment, une cloche trône encore au beau milieu de la nef de la basilique de Vézelay. Accompagnée, il y a peu encore par trois autres de ses compagnes, celle-ci sera bénie par monseigneur Hervé Giraud le 6 janvier prochain, pour être ensuite installée avec ses consœurs dans la tour Saint-Antoine. La basilique aura donc ainsi deux carillons, égrenant les mêmes notes à une octave de différence. Contrairement aux cloches de la tour Saint-Michel qui sont très grandes et très lourdes, celles-ci sont assez petites comme on peut le voir sur les photos prises par mes soins.

 

Les cloches du nouveau carillonLes cloches du nouveau carillon
Les cloches du nouveau carillonLes cloches du nouveau carillonLes cloches du nouveau carillon

Les cloches du nouveau carillon

La petite cloche encore présentée à la vue du public (mais non encore à son oreille) est dédiée à l'écrivaine auxerroise Marie Noël dont la « devise » est inscrite sur le métal : « je suis du Christ, au Christ, jusqu'à la racine de mon cœur ». On peut également lire cette autre inscription latine, le cantique de la Vierge Marie, le Magnificat chanté aux vêpres le 23 décembre traduit comme suit : « ô Emmanuel, notre Législateur et notre Roi, espérance et salut des nations, viens nous sauver, Seigneur notre Dieu ». Et nul n'ignore que notre poétesse est décédée un 23 décembre, il y a 50 ans de cela… Hommage à la poétesse, cette cloche honore également les deux patrons du diocèse, saint Savinien et saint Potentien ainsi que saint Germain d'Auxerre.

La cloche dédiée à Marie NoëlLa cloche dédiée à Marie Noël

La cloche dédiée à Marie Noël

Bien que petite, la cloche n'en pèse pas moins de 106 kg et sonne un beau fa dièse (paraît-il, car je n'y connais rien, je sais juste qu'elle rend un beau tintement cristallin). Elle a reçu hier son battant, ce qui lui donne un air « viril » à voir cet appendice qui pendouille mais surtout lui permet de parler, de sonner, d'appeler. Car à la voir ainsi immobile et silencieuse au milieu de la nef, on en oublierait presque sa voix. Jusque là, on la regardait, on la touchait, on s'enhardissait à la toquer des phalanges pour l'entendre à peine gémir. A présent, on peut l'entendre sonner, une fois seulement et timidement encore car on n'ose trop la réveiller mais quel beau son ! 

La cloche en attente de son battantLa cloche en attente de son battantLa cloche en attente de son battant

La cloche en attente de son battant

Les cloches viennent de Rome en volant à l'approche de Pâques, d'ailleurs on les représente ainsi. Les cloches appellent au rassemblement, elles rythment les offices religieux mais aussi la vie commune en sonnant les heures, les demies et les quarts. Chrétiennes, elles sont consacrées, au sol, en présence des fidèles, avant d'être élevées dans les tours pour accomplir leur office sonore et vivre ainsi, hors de la vue mais emplissant les oreilles et les esprits de chacun. Car si l’ouïe s'y habitue, comme d'un coucou que l'on entend plus, l'âme en perçoit le tintement. La cloche, par sa voix, est le cœur de la vie de nos villages. Ici, par ce double carillon se répondant d'une tour à l'autre, c'est un chœur nouveau qui rythmera la vie tant de la communauté monastique que celle de la congrégation et des habitants du lieu.

Le 6 janvier 2018 auront lieu une conférence sur la symbolique des cloches à 16h dans la chapelle du cloître suivie de la bénédiction au cours des vêpres de la cloche dédiée à Marie Noël.

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