Escapade à Vézelay

Publié le par dromeur

 L'artiste

Escapade vézelienne en la salle gothiqueEscapade vézelienne en la salle gothique

Escapade vézelienne en la salle gothique

Pascal Caron est un peintre autodidacte. Né en Picardie, il commence dans les années 80 à travailler à Paris dans le spectacle. Il participe alors à de nombreuses tournées de concerts, puis collabore à la création de décors pour le théâtre. Sa vocation de peintre avait commencé bien plus tôt, comme en témoigne un dessin « primé » réalisé à l'école maternelle qu'il possède encore. « J'ai toujours aimé dessiner », déclare-t-il !

En 2001, il s'installe dans l'Avallonnais où il crée son atelier dans les dépendances d'une ferme rénovée qu'il habite alors. Sa première exposition en 2007 à la Fabrique, vaste salle jouxtant l'église Saint-Lazare, est un énorme succès. Il y expose près de 50 toiles. Il réalise depuis lors une ou deux expositions chaque année avec quelques succès puisqu'il a vendu jusqu'ici près de 25 toiles et environ 50 dessins. Cependant, l'argent n'est pas sa motivation première ainsi qu'il le dit lui-même : « Ceux qui courent après l'appât du gain ne font pas œuvre artistique mais commerciale ! Ce n'est pas ma démarche. Je préfère être libéré de ces contingences bassement matérielles. »

Sa méthode de travail se définit essentiellement par ce mot étrange, sérendipité, qui désigne la capacité de faire des découvertes de manière fortuite. En d'autres mots, il s'agit de profiter du hasard, de s'en servir pour inventer de nouvelles façons de travailler et de produire des œuvres originales. Son inspiration lui provient de la nature, du monde qui l'entoure et, je cite : "des femmes".

Peintre de l'abstraction, Pascal Caron, lorsqu'il explique son travail, se réfère cependant au réel. Partant d'une observation minutieuse du monde qui l'entoure, il le réinvente, le recrée pour nous en offrir une version toute personnelle. Il s'approprie les objets du quotidien et en détourne l'usage pour s'en servir à d'autres fins.

Le vernissage qui eut lieu le mercredi 4 mai, surnommé « canochage » (ou action de boire un verre entre amis) par l'artiste, a rassemblé plus d'une trentaine de personnes qui firent davantage que de faire un rapide tour devant les œuvres ou de boire un verre offert pour l'occasion. Marion, la compagne de l'artiste se déclare satisfaite : « J'ai bien aimé qu'ils prennent leur temps et viennent discuter avec nous. De nombreux vézeliens étaient présents, des amis, bien sûr mais pas seulement. »

 L'exposition

 Près de la fenêtre du fond, côté jardin, une variation de dessins aux tons gris sur un thème similaire. C'est au cours de vacances dans la vallée de l'Ibie, en Ardèche, que le peintre en a conçu l'idée. Cette rivière, à demi asséchée en été, retient quelques trous d'eau, c'est ce qu'il veut représenter ici. Il utilise une plaque de polystyrène, creusée par endroit puis enduite de peinture, qui sert de plaque à graver. Une feuille de papier blanc est ensuite appliquée dessus. L'opération, répétée à plusieurs reprises, permet d'obtenir différents résultats, le support absorbant peu à peu la peinture. C'est cette série qui est présentée ici.


Au dessus, toujours des petits formats et des séries, là encore. Sur papier noir, la peinture est déposée au couteau, par petites touches, puis étalée en mouvements larges. Le résultat, saisissant, en rouge et or, fait songer à des idéogrammes. C'est toute une variation qui est proposée, sur fond noir d'abord puis sur fond blanc avec des coloris légèrement différents où le rouge semble disparaître en se fondant dans les autres couleurs.


Au fond de la salle, entre deux fenêtres, disposées quatre par quatre, de petites toiles. C'est la série dite "des bouleaux". Des troncs nus, décharnés, traversent la toile dans toute sa faible hauteur, sans feuillage, sur la noirceur lointaine du sous-bois. Troncs rayés de couleurs vives, c'est toute une forêt que l'on devine dans ces "quadriptyques".


L'une de ses toiles qu'il affectionne particulièrement, est réalisée au moyen d'un pistolet à colle qu'il étale en longues bandes horizontales. Puis il y ajoute de la peinture et, les deux se mélangeant, il obtient des sortes de vagues blanches et bleutées du plus bel effet. Ainsi qu'il le déclare lui même : "mon travail doit une grande partie au hasard !" Ce n'est pas sans rappeler ces taches que l'on voit sur un mur et qui représentent soudain une figure, un bonhomme ou un animal reconnaissable. Ou bien encore ces formes que dessinent dans le ciel les nuages : un cheval, une brebis ou un dragon.


Une autre grande toile, à côté de l'entrée, représente des cercles colorés concentriques ainsi qu'une constellation de points jaunâtres. Ce n'est qu'en s'approchant qu'on s'aperçoit qu'il s'agit de fragments de coquilles d'œuf méticuleusement disposées. C'est la question qui me vient... En réalité, rien de tel ! Le peintre explique : "La toile, préalablement enduite d'un fond sombre, est posée sur un plateau qui tourne lentement. Je sème les coquilles qui se disposent en cercle et je fais de même pour la peinture que je laisse tomber en légers filets. Après quoi je secoue l'ensemble délicatement." Au centre est disposée une mince bandelette de carton ondulé disposée sur la tranche pour former, non une spirale, mais des vagues concentriques qui semblent jaillir du tableau comme la pupille se démarque de l'iris.

De l'autre côté de la porte d'entrée, une autre grande toile nommée "le secret". Sur celle-ci, trois petites huiles sur toile s'en détachent, comme le feraient de petits tiroirs entrouverts. Une dernière œuvre, toute en bleus, se voit parée de minces filets de colle peints qui rampent sur la surface et tentent de s'en échapper.

 Du rêve

 M'en inspirant pour créer ma propre exposition imaginaire de ces œuvres, je vous en présente ici quelques détails, détournés à mon propre compte.

Le « secret », d'ors et de bleus, d'où sortent des tiroirs qui peinent à s'ouvrir entièrement. Commode emplie de mystères sombres, elle nous invite à découvrir l'envers du décor ou l'envers de soi, selon. Libérer les tiroirs, c'est laisser s'envoler les oiseaux de la création qui gît en chacun de nous. Ne la laissons pas mourir, éveillons-la !

Une galaxie tournoyante nous accueille sur fond d'espace immobile. Elle aspire le regard qui se perd en son centre. En tournoyant, le cœur projette loin de lui des milliers de soleils qui pleurent son absence. 

 

 

Où vont donc les vagues qui se perdent dans le néant? Telles des âmes esseulées, elles se cachent dans l'immensité de l'espace infini où nul ne les trouvera plus. Puis elles pleurent dans l'immensité et redeviennent vagues larmoyantes qui roulent au bord du monde et se perdent... éternellement! 

 

 

La mer, toujours, libérée de son cadre qui la poursuit et veut l'enfermer.

Doux cadre, pourtant, qui promet la sécurité :

-Viens en moi, tu seras bien au chaud! 

-Mais tu es si petit... Je suis si grande que je ne pourrais entrer toute entière en toi... Mais, tiens!

Et la mer lui jeta une vague pleine d'écume qu'il s'empressa d'attraper.

Le cadre était heureux, il avait une parcelle de la mer en lui... Il saurait s'en satisfaire! 

 

 

Espèce inconnue découverte aux confins des univers connus. Errant au milieu des étoiles, il ne fut pas possible à ce jour de communiquer avec elle, malgré toutes les tentatives. 

Ces couleurs présentes sur son abdomen, d'abord supposées avoir une signification particulière, se sont révélées être le fruit du hasard.

 

Galerie

Incitations à venir visiter l'exposition... Incitations à venir visiter l'exposition...
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Incitations à venir visiter l'exposition...

Un grand merci à Pascal et Marion de m'avoir permis de faire cet article...

Et pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de l'artiste :

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